Murielle Sisteron, candidate « LR » dans la 1ère circonscription : « j’ai des cœurs à conquérir, mais pas d’homme à abattre ».

Comme freedom.fr vous l’avait annoncé il y a quelques semaines déjà, Murielle Sisteron sera la candidate investie « LR » (Les Républicains) dans la 1ère circonscription (Saint-Denis) aux prochaines élections législatives des 12 et 19 juin. Elle a obtenu le soutien de toute la fédération locale présidée par Michel Fontaine et celui de la section de Saint-Denis menée notamment par l’ancien député-maire du chef-lieu René-Paul Victoria, pour défendre les couleurs du Parti à ce scrutin où la droite sera divisée. Rappelons que Jean-Jacques Morel est lui aussi candidat. Nous avons souhaité faire de plus amples connaissances avec Murielle Sisteron. Entretien.

Pourriez-vous vous présenter ?

« Je suis née à Saint-Denis, ma famille est originaire de la rue de l’Abattoir, dans le Bas de la Rivière, à Saint Denis. Lorsqu’il est venu mon tour de choisir où poser mes valises, je suis finalement revenue sur les pas de mon grand-père et me suis moi aussi installée en bord de mer, au Barachois. J’ai 35 ans, mère d’un petit garçon. Je suis avocate de profession depuis 2016. Une fois mon diplôme obtenu, j’ai mis le cap sur les Antilles, j’ai prêté serment en Guadeloupe à la Cour d’Appel de Basse-Terre. Je n’ai pas franchement ressenti l’envie de rester à la réunion une fois le diplôme obtenu. Je trouvais que je manquais de texture,  de cicatrices, que j’avais encore quelque chose à vivre. Finalement, je suis tombée dans le chaudron des cultures noires des grandes Antilles et j’y ai trouvé ce que je cherchais. J’ai compris la lutte des races et des classes, le ressentiment… J’ai accepté la mort et la perte dans les tourbillons de terre battue des rues de Cayenne. Et surtout j’ai compris d’où Vinicius de Moraes tirait son inspiration en regardant les pretos velhos. Au fond, j’ai vécu ces deux années comme une initiation ».

Vous serez candidate investie « LR » aux législatives dans la 1ère circonscription. Pourquoi « LR » et pas un autre parti ou alors sans étiquette ? Aviez-vous déjà fait de la politique avant cette candidature ?

« Jacques Chirac était le président de la fracture sociale, Nicolas Sarkozy, le président du pouvoir d’achat. Quand on regarde l’histoire de la droite républicaine, on comprend que son seul grand et véritable amour, c’est le peuple. J’en viens moi-même et c’est sans doute ce qui a créé cette passion entre moi et la droite. J’ai un attachement quasi-filial à ma famille politique. Ils m’ont « découverte » il y a 15 ans. J’avais pour seule richesse mes Converses et une méchante envie de tout défoncer. Au bout de 3 mois de terrain et une interview en radio, ils m’ont trouvé quelques talents. C’est comme cela que j’ai obtenu un poste de secrétaire nationale que j’ai arraché au nez et à la barbe de mon ami martiniquais Edwin Laupen. J’ai commencé la politique comme cela, en évoluant dans les instances internes du parti.

Je ne me vois pas évoluer en dehors de mon parti politique ou d’un parti politique, c’est-à-dire sans étiquette. Les partis révèlent, solidarisent, créent un débat démocratique, des vocations et surtout ils témoignent de l’existence du pluralisme politique. J’y suis très attachée. La droite n’existe pas sans la gauche ».

Votre candidate Valérie Pécresse s’est complètement cassée les dents à la présidentielle en ne passant même pas la barre des 5%. N’est-ce pas aujourd’hui un handicap en se présentant avec l’investiture « LR ». Une grande partie des élus locaux de droite et du centre ont appelé à voter dès le premier tour en faveur d’Emmanuel Macron. Comment vous positionnez-vous par rapport à En Marche qui a localement le soutien de Michel Fontaine, patron de « LR » à la Réunion ?

« C’est un handicap quand on manque de conviction. Me concernant, je porte mon étiquette LR avec fierté, comme j’ai porté ma carte UMP avec fierté. Je ne suis pas radicalement opposée à « En Marche », puisqu’une partie de notre famille y est, notamment Jean-Pierre Raffarin qui était en charge de former les jeunes que nous étions à l’époque. Au fond, nous avons des idées communes. Reste que je ne partage pas l’ambition de parti unique d’Emmanuel Macron. La Vème République tient sur l’existence de partis politiques divers et vouloir les faire exploser donne le résultat qu’on a vu aux dernières présidentielles : une élection volée. J’ai envie de voir mon parti se relever et exister tout comme j’ai envie de voir le PS se relever et exister, car c’est cela la démocratie. C’est dans la contradiction qu’on fait avancer un pays ; pas en éliminant ses adversaires ».

La droite sera divisée notamment dans la circonscription. Jean-Jacques Morel, proche de Didier Robert, est candidat aux législatives. Comment comptez-vous vous démarquer ?

« Je ne compte pas me « démarquer » de Jean-Jacques Morel : il n’est ni ma référence, ni mon projet, ni mon combat. Nous avons juste un caractère aux antipodes l’un de l’autre ».

Qui sera votre principal adversaire dans cette circonscription ?

« Moi-même. J’ai des cœurs à conquérir, mais pas d’homme à abattr »e.

Quels sont les points forts de votre projet/programme pour cette circonscription et pour La Réunion ?

« Mon combat ira toujours en faveur du salarié qui s’esquinte à aller chercher son Smic tous les mois, envers les enfants des classes populaires qui devront toujours s’accrocher plus fort pour y arriver. Pour eux, tout sera toujours plus difficile, ils devront toujours prouver plus. Ils méritent d’avoir un.e député.e pour les défendre. Je veux être cette députée ».

Qui sera votre suppléant ?

« Vous le saurez bientôt. Un homme de lettres, un homme de l’éducation populaire, un homme de la rue. J’ai pensé à lui en relisant “ Nous les gueux “ de Léon Gontran Damas ».

Propos recueillis par Yves Mont-Rouge

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