Ça ressemble à du foutage de gueule…

Un peu quand même ! Je veux parler Covid. Ministres, responsables des partis politiques et candidats à l’Elysée se sont réunis depuis janvier dernier, sans doute aussi avec quelques scientifiques à leurs côtés et, après avoir longuement cogité collectivement, ont décidé que, tout compte fait, vous n’aurez pas besoin de porter un masque pour aller voter. Après le pass vaccinal passé à la trappe, c’est autour du masque. Pour assister à un meeting électoral, pour aller couler votre petit bulletin de vote, munissez vous seulement de votre pièce d’identité et/ou de votre nouvelle carte électorale avec QR Code, mais ne vous prenez plus la tête avec le Covid, même s’il n’est pas mort, ni enterré. Plus besoin de masque à aucun endroit de votre existence, sauf dans les transports en commun. Vous pouvez faire la fête, vous agglutiner n’importe où, vous retrouver à « trentedouze » autour d’une table dans un resto, un bar, en boîte de nuit, dans les grandes surfaces, dans un bureau de vote, mais pas dans un bus, pas dans les transports en commun.

Vous avez vu comme moi, avant-hier, les gendarmes de la Brigade territoriale autonome de Sainte-Marie appuyés par le Groupe d’investigations cynophile (GIC), ainsi que trois pelotons de surveillance et d’interventions de réserve (PSIR), sans oublier la police municipale (rien que ça !), débouler à la gare routière de Sainte-Marie pour traquer, entre autres, les non porteurs de masque. Du coup, ce sont deux chauffeurs de bus, des gens qui se lèvent tôt pour gagner leur croûte, des gens sûrement payés au SMIC, qui ont morflé. Ils se sont pris chacun un PV parce que des passagers de leur bus respectif avaient oublié leur masque anti-Covid. Ce même masque dont vous êtes dispensé pour aller voter ce dimanche 10 avril et le dimanche 24 avril. Ce même masque dont vous êtes dispensé également pour faire tout ce que vous voulez d’autre dans votre existence. Comprenne qui pourra !

Autre débilité notoire : c’est le député Ratenon qui la relève d’ailleurs dans un communiqué adressé au préfet de la Réunion. Vous savez que tout a été retiré de la circulation à quelques jours de la présidentielle. Je vous l’ai dit : plus de pass vaccinal, plus de pass sanitaire, plus de masque, fin des restrictions. Liberté totale. Mais, il faut savoir que si vous n’êtes pas vaccinés et que vous souhaitez vous rendre en métropole, il vous faudra un motif impérieux alors qu’en métropole, vous pouvez passer d’un département à un autre et d’une région à une autre. Je reviens à cette histoire des deux chauffeurs de bus qui se sont pris, mercredi, une amende de la part de la cavalerie qui a fait une descente dans une gare routière. Au même moment, à quelques encablures de Sainte-Marie, au tribunal correctionnel de Saint-Denis, deux bonhommes qui transportaient de la drogue sur eux et qui s’étaient fait arrêter par les douaniers avec 430 grammes de cocaïne à l’aéroport de Gillot, ont été relaxés. Bravo à leurs avocats qui ont mis en évidence un vice de procédure. Les douaniers n’avaient pas l’autorisation de les fouiller à nu.

Certes, ils ont bel et bien transporté de la drogue, et pas n’importe laquelle, mais la procédure n’a pas été respectée. Donc, les deux mules sont reparties à leur case tout contentes en faisant presque un bras d’honneur à la justice, comme si de rien n ‘était. Deux jolis PV aux malheureux chauffeurs de bus de Ste-Marie dégainés par une armée de gendarmes avec chiens renifleurs pour non port du masque, et relaxe pour deux trafiquants de cocaïne pour un vice de procédure. Ce dernier fait me fait penser surtout à une guerre des polices. A se demander, dans cette île, s’il ne vaut pas mieux trafiquer de la cocaïne, cette drogue de riches consommés dans les milieux  huppés par des notables, que de planter un pied de zamal sur son balcon.

Ça me fait penser – oui, je sais, j’ai l’esprit un peu tordu – à ce message lancé par un détenu, mercredi dernier depuis sa cellule à la prison de Saint-Pierre, qui balançait certains « policiers, gendarmes, magistrats, surveillants de prison corrompus », selon lui. Mais la justice a promis de faire toute la lumière sur… l’intrusion du téléphone portable dans sa cellule du prisonnier en question, sans doute un peu trop bavard, en prenant soin de rappeler qu’il a déjà été condamné 23 fois. Nous voilà rassurés. On peut dormir tranquille. La justice investigue sur le trafic de téléphone dans les prisons, veille au port du masque dans les bus (pas dans les bureaux de vote où ce n’est pas obligatoire) et relaxe des trafiquants de cocaïne qui font rentrer de la drogue dure sur notre sur notre territoire comme on envoie une lettre à la Poste.

Tak, Melchior, Dennemont, Vergoz, Valy et consorts mettent le paquet pour Macron; Fontaine partage ses partisans entre Macron et Pécresse

Passons à la politique maintenant ! Ce fut un temps, où les élus, les anciens, prenaient à bras-le-corps cette campagne électorale relative à la présidentielle et n’hésitaient à remplir des bus de cantinières et autres agents communaux pour mettre l’ambiance dans les meetings électoraux. Mais les temps ont bien changé et ce n’est pas plus mal. Dimanche, vous le savez évidemment, on vote. On vote soit pour redonner un « ti contrat » à Macron, soit pour le « dégager » de l’Elysée et refiler le CDD à quelqu’un (ou quelqu’une) d’autre. Il y a les sondages qui prétendent que le Président sortant reste pour l’instant le premier de cordée mais Marine Le Pen qui, ces dernières semaines, semble avoir réussi une belle remontée, lui colle aux fesses. A peine 5 points séparent le candidat d’En Marche à celle du Rassemblement national. En sachant que Jean-Luc Mélenchon veille au grain et espère bien grapiller quelques voix d’ici à dimanche.

Localement, les Macronistes ont accéléré la cadence ces derniers jours en organisant des conférences de presse de tous les soutiens du Président-candidat, la fameuse « Maison commune » composée d’élus de différentes sensibilités politiques et animée par le coordinateur Eric Leung, que Dominique Perben (qui a l’oreille du chef de l’Etat) essaye de mettre politiquement sur orbite dans la 6ème circonscription. Le bonhomme, sympathique, n’est pas très connu mais une chose est sûre : il maîtrise parfaitement tous les dossiers économiques eu égard à sa grande expérience professionnelle dans ce domaine. Il connaît son sujet et serait à même de le défendre à l’Assemblée. Mais la présidentielle d’abord ! L’objectif d’Eric Leung et de tous les élus de la « Maison commune », y compris les jeunes soutiens (Julien Hoarau du mouvement d’Horizons d’Edouard Philippe, Laurent Virapoullé de la société civile, Sandrine Rahim-Khan, référente du MoDem et bien d’autres encore) est de faire gagner Macron localement au premier tour du scrutin.

Faut-il rappeler qu’à la présidentielle de 2017 à la Réunion, ce dernier a terminé sur la 3ème marche du podium derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Cette fois, avec des soutiens comme le président du Département, les maires de Saint-Pierre (qui a partagé son équipe entre le Président sortant et Valérie Pécresse, mais plus à l’avantage du sortant), du Tampon, de Saint-Benoit, de Sainte-Rose, de Sainte-Marie, de l’Entre-Deux… Sans oublier des parlementaires comme la sénatrice Nassimah Dindar, le sénateur Michel Dennemont… les soutiens de la « Maison commune » font tout pour qu’Emmanuel Macron puisse parfaire son score de 2017 et se hisser au moins à la deuxième place. Les élus jouent le jeu, à l’instar par exemple d’André Thien-Ah-Koon, qui anime des réunions dans sa commune (voir photo ci-dessous).

Réunion publique organisée hier soir au Tampon par André Thien-Ah-Koon « pour la réélection d’Emmanuel Macron ».

Idem pour les autres maires et élus de l’île. Des élus dont la difficile tâche est de faire de la pédagogie sur le bilan Macron, d’expliquer à la population qu’il ne faut pas regarder la mandature qui s’achève uniquement par le prisme des crises (sociale/gilet jaune, sanitaire et maintenant géopolitique) mais se rappeler des mesures concrètes prises par l’actuel gouvernement (suppression de la taxe d’habitation, la revalorisation des retraites, des aides conséquentes au monde agricole, à la filière canne, la recentralisation du RSA, la revalorisation des retraites agricoles, des crédits importants pour la formation, pour l’insertion, pour les familles monoparentales… ». Des actions concrètes mais engluées manifestement dans le fatras d’une gouvernance marquée par une gestion de la crise sociale qui laisse à désirer.

Pareil pour la crise sanitaire. Sans compter les fameuses petites phrases ou mots inconvenants de la part du Président : « traverser la rue pour trouver un emploi », « emmerder les non vaccinés »… Alors, la question qu’on entend souvent ces derniers temps, y compris dans le cercle familial : « pour qui voter ce dimanche ? ». Je serai tenté de vous dire : «votez en votre âme et conscience ». Ça ne répond pas pour autant à votre question. Si vous pensez, comme on peut l’entendre, que « ce sont tous les mêmes, des menteurs qui ne pensent qu’à leur poche » (ce n’est pas moi qui le dit, c’est ce que j’entends assez régulièrement sur le terrain), alors votez blanc ou nul, mais votez quand même !

Philippe Rangama soutenu par Huguette Bello dans la 7ème circonscription

Je sais que les élus, les maires qui se sont engagés aux côtés du Président sortant vont mettre le paquet pour faire élire dans leur commune leur candidat. Il en va aussi de leur avenir politique. Je pense notamment à des maires comme Richard Nirlo à Sainte-Marie, à Patrice Selly à Saint-Benoit, et aux autres aussi, bien entendu. Mais il est vrai que dans certaines communes l’enjeu politique est plus important. Imaginez qu’un Selly arrive à mettre Macron en tête à Saint-Benoit. On dira de lui qu’il est « fort » dans le sens où après son élection aux municipales de 2020, il aura réussi à adhérer une majorité des électeurs à sa cause, à ses combats tant aux départementales qu’aux régionales et ainsi à la présidentielle, si c’est le cas. Ce qui pourrait donner un coup d’accélérateur à la campagne des législatives de son candidat de « BANIAN » Ridwane Issa face au député sortant de la 5ème circonscription. En tout cas, pour l’instant, en attendant de connaître les résultats du premier tour de la présidentielle, force est de constater que sa stratégie s’est jusqu’à présent avérée payante. Quoi qu’on en dise ! On dit en effet que Selly a fait un petit dans le dos de Vergoz qui l’aurait emmené à Paris pour négocier le COROM (des crédits pour combler le déficit communal) avec le gouvernement. Mais qu’au retour, Selly a malgré tout présenté une candidate BANIAN à Sainte-Rose aux départementales, en la personne d’Amandine Hoareau. Ce qui a eu pour effet d’éliminer Géraldine Boulevard. On dit aussi que Selly avait promis à Lebreton de faire partie de sa liste aux régionales de 2020 mais il a finalement choisi Ericka Bareigts. Selly préfère laisse causer en se rappelant du dicton : « On ne prête qu’aux riches ». Tout lui réussit depuis sa victoire aux municipales. En revanche, si Macron capote à Saint-Benoit, cela pourrait donner des ailes au Mélenchoniste Ratenon. Lequel Ratenon doit officiellement annoncer sa candidature ce soir à l’occasion d’un meeting près de la piscine de Saint-André, entouré de ces « Gens conscients ». C’est le nom de ses comités de soutien. Mais Ratenon candidat aux législatives, est-ce vraiment une info ?

A ce propos, je profite de l’occasion pour rappeler que du côté de la majorité régionale, Huguette Bello soutient les députés sortants (Philippe Naillet dans la 1ère, Karine Lebon dans la 2ème et Jean-Hugues Ratenon dans la 5ème). D’après mes informations, et comme je vous l’avais déjà annoncé, la présidente de Région et également présidente de « PLR » (Pour La Réunion) devrait soutenir Alexis Chaussalet dans la 3ème circonscription, Emeline K’Bidy (la candidate de Patrick Lebreton) dans la 4ème, Frédéric Maillot (s’il accepte d’y aller) dans la 6ème et Philippe Rangama du mouvement « Le PEUP » dans la 7ème.

En parlant des législatives, je suis tombé sur un post que j’ai trouvé très comique (voir photo ci-dessus). Celui de l’élu des Avirons, Jean-Daniel Dennemont (Dado pour les intimes) qui lance un appel à Thierry Robert dans la 7ème circonscription. « Thierry, la Réunion la besoin ou ! », écrit-il. D’où mon interrogation : pourquoi une telle mise en scène ? Faudrait arrêter de prendre les gens pour des couillons foutor !Tout le monde sait que Thierry Robert sera candidat dans la 7ème circonscription. Il en rêve même la nuit et peut-être aussi le jour. Il ne vit quasiment que pour ça, attendant le grand jour. Donc, s’il vous plaît messieurs, pas besoin de faire toutes ces simagrées ! Bon, allez Thierry, accouche et arrête de tourner autour du pot ou va gagne vertige ! Suis preneur de l’interview pour ta déclaration de candidature !

Un communiqué que nous avons reçu cette nuit. A deux jours de la présidentielle. Il n’est jamais trop tard pour bien faire !  Il émane du comité de soutien « Debout la France » en faveur du candidat Nicolas Dupont-Aignan (voir la photo ci-dessus). Sur cette photo on distingue dans le désordre Jonathan Rivière (responsable du SUD), Alix Jean MERA (responsable de l’OUEST), Luders SEVAMY (responsable de l’EST), Sonny WELMANT (responsable NORD) et Rayan ROBERT (responsable des Jeunes). Sonny Welmant est le référent local de « Debout la France ». Ce dernier précise dans son communiqué de presse : « La France mérite qu’on se batte pour elle. Pour le porter (ndlr : je suppose qu’il parle de Dupont-Aignan) ,je suis entouré d’une équipe d’hommes et de femmes honnêtes, compétents, des personnes liées par un intérêt commun pour leur ville, leur département, leur profession, leur conviction ». J’ai regardé de long en large et de large en long sur la photo, je n’ai vu aucune femme.

Parti Croire et Oser : « Lespri lé enkor là », mais Anaïs Singabrayen lé pu là !

Restons dans les élections, mais celles ci n’ont rien à voir avec la présidentielle et encore moins les législatives. Je veux parler, avant que j’oublie, du scrutin à la Chambre de commerce et d’industrie. Pour tout vous dire, je ne le savais pas, mais c’est fou comme les candidats puissent autant se tirer dans les pattes même pour un scrutindans une chambre consulaire. Presque pire que pour une élection politique. Je ne vais pas vous rappeler que Pascal Plante a quitté Patel, qu’il est allé avec le Medef, que Bruno Cohen a été radié de la liste de Myriam Boullay, que Cohen chassé par la porte est revenu par la fenêtre, qu’il en veut beaucoup à la CPME et au Medef qu’il traite de « syndicats de nains », qu’il qualifie les élus des deux dernières mandatures « d’incultes ». J’entends dire aussi (info ou intox) qu’Irshad Omarjee, colistier de Plante et élu à Saint-Paul, ferait du « chantage à l’AOT ». A prendre avec des pincettes, mais il paraît qu’il veut bien donner une « Autorisation d’Occupation Temporaire » sur le territoire de Saint-Paul à condition qu’en échange vous lui donnez votre voix. A vérifier !

Anaïs Singabrayen a quitté le « Parti Croire et Oser » d’Alexandre Laï-Kane-Cheong

Je reviens à la politique politicienne pour finir en m’arrêtant un instant sur la conférence de presse qu’a donnée, en début de semaine, Alek du Parti Croire et Oser (PCO). Alexandre Laï Kane Cheong et ses dalons ont organisé cette conf pour annoncer qu’ils allaient boycotter le conseil municipal de Sainte-Suzanne (de mardi soir dernier) ainsi que le conseil communautaire de la Cinor (de ce vendredi après-midi). Qu’on l’aime ou pas, moi, perso, je trouve ce garçon très cultivé. Il s’intéresse à tout ce qui se passe autour de lui, ici, mais aussi ailleurs. Il s’exprime avec aisance sur un très grand nombre de sujets et ses analyses qu’elles soient locale, nationale ou internationale, sont toujours très pertinentes. Il sait capter l’attention. Lors de cette conf de presse, Alek a ainsi dénoncé « la méthode Gironcel », maire de Sainte-Suzanne et président de la Cinor.

Rappelons qu’Alek est chef du groupe de l’opposition municipale à Sainte-Suzanne et qu’il siège également dans l’opposition à la Cinor. Son groupe a pour nom « Lespri lé ankor là ». Le petit reproche que je peux, toutefois, lui faire, c’est qu’il a « oublié » de nous dire qu’une des élus de son groupe, et non des moindres, puisqu’elle siège avec lui au sein de l’opposition de la Cinor, lui a définitivement claqué la porte  au nez (et surtout à la barbe) depuis environ trois semaines. Oh le petit cachotier ! Elle a également officialisé depuis le 20 mars dernier sa démission de ces deux mandats politiques. Après Vanessa Payet-Pignolet (qui sera suppléante du député sortant socialiste Philippe Naillet dans la 1ère circonscription aux prochaines législatives), après son « fra » Frédéric Maillot (qui est devenu vice-présidente d’Huguette Bello depuis les dernières régionales), c’est au tour d’Anaïs Singabrayen de tirer sa révérence et de « larguer » Alek et ses dalons.. Alek pourrait vraisemblablement me rétorquer que « Lespri lé enkor là ». Sans doute, mais « Anaïs, Vanessa, Frédéric lé pu là ». Trois personnes en moins de deux ans, ça commence à faire un peu beaucoup pour un jeune parti politique !

Y.M.

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