Sainte-Marie : le 14 avril, ça passe ou ça casse pour Richard Nirlo !

Et l’on reparle de Sainte-Marie ! Ce n’est pas de gaieté de cœur, surtout en cette semaine sainte, croyez moi ! Mais, manifestement, la mairie de Sainte-Marie reste malheureusement semblable à un panier de crabes. Je pensais que la situation avait évolué dans le bon sens depuis le dernier conseil municipal. Force est de constater que ce n’est pas tout à fait le cas.

La mairie n’a soit disant plus les moyens, il est dit que la Chambre régionale des comptes (CRC) veille au grain, que la direction générale des services n’a plus les commandes, qu’elle est quotidiennement encadrée par les gendarmes des collectivités…. Il faut croire que tout cela relève du baratin. La mairie embauche. Des recrutements politiques ? Le rapport à venir de la CRC prévue, au plus tard, en juin prochain sur la gestion Nirlo (2018 jusqu’à ce jour) devrait nous éclairer un peu plus.

Pour l’instant, le maire vient de procéder au recrutement d’un nouveau DGA (directeur général adjoint) à l’Aménagement du territoire. Il s’agit de Grégory Pavady, ingénieur de formation, qui était directeur des Services techniques à Sainte-Marie depuis environ 1 an. Mais sa volonté de remettre au travail certains emplois dits « fictifs » aux Services techniques n’a pas été vue d’un bon œil. Du coup, le maire et le DGS l’ont placé à la direction de l’Aménagement du territoire, à la place d’Antoine Matillon, le monsieur qui faisait les photos de son Z (non pas comme Zorro mais comme Zi…). Photos qui, suite à un « piratage » semble-t-il selon les dires de l’intéressé (qui a quitté la mairie depuis), se sont retrouvées sur les portables de certaines dames de la mairie parmi lesquelles Isabelle Nirlo,, la DRH et nièce du maire. Laquelle, pour la petite histoire, a porté plainte pour « agression sexuelle » (visuelle et non physique) et demande la protection fonctionnelle de la commune. 

Toujours au niveau des recrutements, à noter l’arrivée de Dany Sellier, attaché territorial, venu de la Région où il s’occupait de la commande publique. Il occupe désormais à Sainte-Marie le poste de directeur des Affaires générales où il aura en charge les marchés publics. Il faut savoir qu’à Sainte-Marie, les denrées alimentaires pour les cantines scolaires étaient, ces derniers temps, achetées sans marché.

Le nouveau directeur des Affaires générales serait le cousin d’une syndicaliste, employée à la mairie de Sainte-Marie. A noter aussi le grand retour de… son placard d’Alain Baratin, dont la femme était lors des dernières municipales sur la liste de Céline Sitouze, l’opposante bienveillante de Richard Nirlo. Baratin qui devient presqu’aujourd’hui le bras droit du DGS. Comme quoi ! A Sainte-Marie, on peut passer de l’ombre à la lumière. Et vice-versa, comme si de rien n’était. Tout dépendrait des humeurs de la hiérarchie.

« Nadia voit des agresseurs partout, dans la mairie »

Encore une promotion, celle de Pascal Banon, connu pour être un très bon cuisinier (au feu de bois) du côté de la Mare où il tient un resto. Agent de catégorie C, il est presque responsable du service Economie et gère, entre autres, les AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire). Là où se trouve son resto, ce n’est plus une AOT car il a acheté le terrain. Certains de ses collègues racontent avec le sourire : « il n’est pas souvent à son poste le matin mais il livre les repas en mairie entre midi et deux ». Entre midi et deux ? Ça va ! C’est pas sur son temps de travail. Et il ne peut pas être au four et au moulin ! Banon a beaucoup fait campagne pour Eric Leung, le candidat de Renaissance lors des législatives.

Toute cette ambiance plus ou moins malsaine fait que les « puristes » ont du mal à supporter. Des cadres seraient sur le départ. On me parle d’Eric Pausé, le directeur par intérim des Services techniques qui a toujours fait tourner la baraque quand il n’y avait personne. Nelly Hagen, la DGA à la population, considérée depuis un an comme le bras droit du DGS, serait en arrêt-maladie, suspectée par sa hiérarchie d’être « trop proche » des « élus frondeurs ». A vrai dire, selon certains de ses collègues, elle est surtout réputée pour être une « légaliste », une fonctionnaire territoriale réglo avec la loi, c’est-à-dire très à cheval sur le droit et donc « anti-magouille », qu’elle soit petite ou grosse. Je vous reparle dans un instant des « élus frondeurs ». D. Barège, le directeur de l’urbanisme, aurait lui aussi par dessus la tête et envisagerait de jeter l’éponge. Il serait parti en congé.

Il n’y a que côté RH où tout semble rouler comme sur des roulettes, surtout depuis que le DGA aux Finances et aux Ressources humaines, Gérald Denage, et la directrice des RH, Isabelle Nirlo, se regardent avec des yeux de Chimène. Denage (en plein bonheur, comme sur un nuage) criait haut et fort qu’il allait repartir au CDG, mais, à présent, son départ de la mairie de Sainte-Marie n’est plus du tout d’actualité. S’il lui arrive de s’absenter et de se retrouver loin de la DRH, c’est pour les besoins de sa formation en métropole ; Une formation d’Administrateur, tous frais payés par la mairie de Saint-Marie, avec la bénédiction de la DRH.

Sur les conseils de son cercle très proche, le maire Richard Nirlo a décidé de jouer à quitte ou double le 14 avril prochain.

J’en arrive maintenant aux élus dits « frondeurs ». Commençons par Nadia Wu-Tiu-Yen, adjointe à l’urbanisme, entre autres délégations. Elle est toujours en souffrance car agressée à deux reprises par des agents communaux. Le dernier « agresseur » en date, un « gros bras » du maire, qui avait autrefois menacé Pavady, aux Services techniques, avec une tronçonneuse en marche, a été « sanctionné » par Richard Nirlo. La « sanction »? Il a été nommé agent d’accueil et boit régulièrement le café dans le bureau du DGS.

On comprend pourquoi Nadia Wu-Tiu-Yen est toujours en souffrance. Sans compter que le maire aurait laissé entendre que « Nadia voit des agresseurs partout, dans la mairie ». Sauf que nombreux sont les employés qui regrettent aujourd’hui l’absence de leur élue à l’urbanisme. Voilà donc pour l’ambiance, toujours rock n’roll à la mairie de Sainte-Marie.

Le plus important est à venir. L’enjeu est d’ordre politique. Je veux parler du prochain conseil municipal, celui fixé au 14 avril pour le vote du budget de la commune. En sachant que la date limite pour l’approbation du budget est le 15 avril. Ce qui veut dire que le maire, sans doute sur les conseils de son DGS et de quelques élus qui lui restent, va tenter un coup de poker. Ou encore qu’il va jouer à la roulette russe, en tentant le tout pour le tout. Ce sera à quitte ou double !

Dans le camp de Richard Nirlo l’analyse est la suivante : « partant du principe que les élus frondeurs sont toutes et tous alimentaires, Nirlo et son DGS se sont lancés dans une partie de bras de fer en se disant que ces élus, parce qu’ils sont alimentaires, seront obligés de venir voter le budget de la commune le 14 avril au risque de se voir retirer leurs délégations et donc leurs indemnités et autres avantages », raconte un cadre de la mairie ». C’est, paraît-il, le calcul qu’ont fait Nirlo, son DGS et sa petite « cour ». Une véritable déclaration de guerre en direction des élus « frondeurs/alimentaires ». Un pari risqué ?

Les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre prochain

 Plusieurs scénarii à envisager : le premier, les élus « frondeurs » ne viennent pas ; Le maire n’a plus de quorum ; Le budget n’est pas voté. Le maire n’aura plus l’occasion de convoquer un deuxième conseil municipal étant donné que la date limite pour le vote du budget est fixé au samedi 15 avril et qu’il n’aura plus le temps de convoquer un deuxième conseil municipal.

Le deuxième scénario pourrait être le suivant : les élus « frondeurs » viennent au conseil et, avec les conseillers de Rémi Lagourgue et de Christian Annette, ils s’abstiennent. On revient donc au premier scénario, budget pas voté. Dans ce cas, le préfet va mettre son nez les finances communales et pourrait placer la mairie sous tutelle.

Troisième scénario : les élus « frondeurs » et ceux de Lagourgue démissionnent en bloc et le préfet est obligé d’organiser dans les mois qui suivent de nouvelles élections municipales à Sainte-Marie. Nirlo marche-t-il sur des charbons ardents ? Le rapport de la Chambre régionale des comptes sur sa gestion pourrait tomber avant les potentielles nouvelles élections partielles. Et d’après mes informations, ce rapport ne plaide pas du tout en sa faveur.

Mais sans doute en-a-t-il marre lui aussi de cette situation abracadabrantesque ! Souhaite-t-il peut-être en finir ! En tout cas, en choisissant une telle stratégie, à savoir celle de fixer le conseil municipal le 14 avril, à la veille de la date limite prévue par la loi, tout laisse à penser que Nirlo voudrait une bonne fois pour toute clarifier une situation pour le moins ubuesque qui, de toute façon, ne pourra plus durer jusqu’en 2026. Ça passe ou ça casse pour Nirlo !

C’est bien beau tout ça, tous ces calculs et autres stratégies politiciennes. Mais la population, a-t-elle été prise en considération ? Si le budget n’est pas voté, que vont devenir les associations sans subventions, ces associations qui font un gros boulot dans la commune ? Quid de tous ces contractuels dont les contrats signés en 2020 pour 3 ans vont arriver à échéance cette année ? En cette semaine sainte, les Sainte-Mariens et Sainte-Mariennes n’ont plus qu’à prier très fort pour que leur maire et leurs élus.es retrouvent la raison et comprennent ce pourquoi ils ont été justement élus.

J’évoquais plus haut de possibles élections municipales partielles à Sainte-Marie. S’il y a une élection qui est bel et bien déjà fixée, c’est le scrutin des sénatoriales. Le conseil des ministres du 4 avril dernier a arrêté la date : ce sera le dimanche 24 septembre prochain. A la Réunion, près de 1400 grands électeurs (tous les élus ainsi que les personnes désignées, à partir du 9 juin par les conseils municipaux, à raison d’un grand électeur par tranche de 800 habitants dans chaque commune) seront appelés aux urnes pour désigner les quatre futurs sénateurs. 

Rappelons que les quatre sortants (Viviane Malet, Nassimah Dindar, Jean-Louis Lagourgue et Michel Dennemont) seront à nouveau candidats. Sans compter d’autres postulants qui se manifesteront d’ici là. Je vous l’ai signalé plus d’une fois : Huguette Bello, la présidente de Région, va soutenir une liste. Idem pour Ericka Bareigts, la maire de Saint-Denis. Comme je l’ai déjà écrit également, Johnny Payet, maire de la Plaine-des-Palmistes pourrait lui aussi pousser un candidat, un de ses adjoints. On avait même parlé à un moment donné de la candidature de Bruno Domen, l’actuel maire de Saint-Leu.

Récemment, j’ai entendu la rumeur selon laquelle Jeannick Atchapa, maire de Bras-Panon, pourrait être intéressé par un poste de sénateur. J’ai bien dit une rumeur. Au même titre, il y a aussi le nom d’un directeur général d’un journal local qui circule. Il aurait déjà frappé à la porte du gouvernement pour avoir un soutien de Macron, déjà rencontré des maires de certaines petites communes des hauts de l’île. Faut croire que la soupe (politique) est bonne !

Comme je vous l’ai déjà dit plus d’une fois, s’il y a bien un scrutin qui ressemble à une partie de poker menteur, c’est bien celui des sénatoriales. Rappelez-vous : « i couv’ ti poule, i sort’ ti canard ».

Cyrille Hamilcaro, futur formateur à la Chambre de commerce ?

Pour finir, un petit mot sur la Chambre de commerce et d’industrie de la Réunion (CCIR) présidée par Pierrick Robert. J’ai appris récemment (si c’est faux, le cabinet enverra sûrement un démenti et, de notre côté on attendra jusqu’à la fin de l’année pour voir si c’était une info ou une intox) que Cyrille Hamilcaro, l’ancien maire de Saint-Louis, envisage de bosser à la Chambre (de commerce). C’est son droit. Il a les diplômes requis pour une telle fonction. Pierrick Robert et son cabinet y sont pour, bien évidemment, mais c’est la directrice du Pôle formation au sein de la chambre consulaire qui mettrait son veto. Marie-Claude De Munari, la patronne de la Formation au sein de la CCIR, ne verrait pas d’un très bon œil le recrutement de l’élu Saint-Louisien en raison notamment, on le suppose, de ses affaires judiciaires. Question d’image pour la CCIR !

Il a toutes les compétences pour, mais également encore des « petites » affaires judiciaires en cours.

Et comme le président et son cabinet ne veulent pas non plus se mettre à dos la responsable de la Formation dont les qualités professionnelles ne sont plus à démontrer, ils vont attendre tranquillement, dit-on, le départ à la retraite de madame la directrice de la Formation, prévue d’ici à la fin de l’année, pour recruter « le camarade » Hamilcaro. Lequel Hamilcaro pourra par la suite donner un coup de main au président Robert en vue des municipales de 2026 à Saint-Louis, tout comme Christian Malda (l’actuel dir-cab du président de la CCIR) « opère » déjà, parallèlement à sa fonction au sein de la Chambre, en faveur de Thierry Robert (le frère de) à Saint-Leu. « Un main i lave l’autre », comme dit créole.

La réforme des retraites ? Rendez-vous le 14 avril (Jour de l’An tamoul et du conseil municipal de Sainte-Marie) pour le verdict du Conseil Constitutionnel. Vous n’êtes pas sans savoir que le Conseil Constitutionnel a été saisi par l’Assemblée nationale pour savoir si cette réforme est constitutionnelle ou pas. Réponse le 14 avril. Quant à la mobilisation qu’appelle de ses vœux l’intersyndicale, force est de constater que, manifestement, les Réunionnaises et Réunionnais ont d’autres chats à fouetter maintenant.

Et, concernant la réunion des leaders syndicaux nationaux avec la Première ministre Elisabeth Borne, le 5 avril dernier, je savais (sans être devin, ni devineur) que la montagne allait accoucher d’une souris. Fallait vraiment être syndicaliste pour croire que le gouvernement (et Macron) allait faire machine arrière sur une réforme validée à coup de 49-3, cet article prévu par la Constitution.

Bonne semaine à vous. Je profite de l’occasion pour vous signaler que le « Ti Kozman » ne paraîtra plus forcément le vendredi mais au fil des jours, dans le courant de la semaine, en fonction des informations qui me parviendront (et que j’irai chercher). Ce ne sera plus un rendez-vous fixe mais fluctuant au gré de l’actualité, qui ne s’arrête jamais. C’est un choix personnel… Je souhaite à tous les chrétiens de l’île, une bonne fin de carême et, avec un peu d’avance, de joyeuses fêtes de Pâques. Paix et Amour ! J’aurai pu citer le Pape mais c’est une citation de Gandhi qui me vient à l’esprit : « Le jour où le pouvoir de l’amour dépassera l’amour du pouvoir, le monde connaîtra la paix ». 

Y.M.

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