Législatives 2022 : Léopoldine Settama-Vidon, candidate dans la 5ème circonscription

Cette mère de famille de 5 enfants, native du quartier de Champ-Borne à Saint-André, avocate de profession depuis 28 ans, n’en est pas à sa première candidature à une élection. Les dernières en date sont les régionales de 2015, puis les législatives de 2017 dans la 5ème circonscription et les municipales de mars 2020 à Saint-André. Elle a  été conseillère régionale de 2015 à 2021, n’a pas été élue aux législatives de 2017, ni aux municipales de 2020.

En 2017, aux législatives, portant les couleurs d’En Marche dans la 5ème circonscription, elle a réalisé au 1er tour du scrutin un score non négligeable de 15,92% des suffrages derrière Jean-Hugues Ratenon (17,38%) et Daniel Gonthier (30,51%) mais devant le candidat socialiste Philippe Leconstant (12,40%). Au second tour, c’est Jean-Hugues Ratenon qui, bénéficiant du soutien de Jean-Claude Fruteau, alors maire de Saint-Benoit, remporte l’élection (52,88% soit 14 056 voix) au détriment de Daniel Gonthier (47,12% soit 12 527 voix).

Aux municipales de 2020 à Saint-André, au 1er tour, en mars, Léopoldine Settama-Vidon, avec 5,23% des suffrages, soit 951 voix, termine 7ème sur  les 10 candidats en compétition.

Elle revient dans la danse si on peut dire, car elle a décidé de candidater aux prochaines législatives des 12 et 19 juin 2022 dans la 5ème circonscription. Dans un tract que son comité de soutien distribue actuellement dans les communes de cette circonscription, il est écrit : « … En 2017, elle était 3ème ; Votre soutien renouvelé en sa faveur, permettra à une femme compétente et expérimentée de voter des lois justes et adaptées pour la Réunion… ». Il est précisé par ailleurs qu’elle souhaite « permettre aux jeunes Réunionnais de rester ou de revenir à la Réunion pour y construire leur avenir, faire de la région Est un véritable territoire de développement d’emplois, promouvoir les richesses de l’agriculture, de la pêche, des lois pour la Réunion… ». Le tract s’achève sur les mots suivants : « Pour la première fois dans l’Est, une femme peut être députée grâce à votre soutien ! Osons le changement ! ».

Rappelons que dans cette 5ème circonscription qui va de Saint-André à Saint-Philippe en passant par Salazie, Bras-Panon, Saint-Benoit, la Plaine-des-Palmistes et Ste-Rose, Jean-Hugues Ratenon (La France Insoumise) est député sortant. Et que plusieurs personnes postulent au poste de député, parmi lesquelles le sortant lui même ainsi que Stéphane Fouassin (centriste, maire de Salazie), Ridwane Issa (Banian, 1er adjoint au maire de St-Benoit), et bien d’autres candidats à venir…

(Dans cette circonscription, voici ci-dessous l’article que j’avais publié le 14 février dernier dans le cadre d’un passage en revue des 7 circonscriptions de la Réunion à un peu plus de quatre mois du scrutin :

Dans la 5ème circonscription : un deal Selly-Virapoullé pour barrer la route à Ratenon-Bédier ?

Patrice Selly n’est pas candidat aux législatives, mais c’est tout comme. Idem pour Jean-Marie Virapoullé. Cette bataille comptera beaucoup pour le chef de file de l’opposition à Saint-André même s’il ne sera pas directement impliqué. Dans cette grande circonscription qui va de l’Est à l’extrême Sud-Est et qui se compose 7 communes (Saint-André, Salazie, Bras-Panon, Saint-Benoit, Plaine-des-Palmistes, Sainte-Rose et Saint-Philippe), la bataille électorale va être palpitante pas seulement entre La France Insoumise de Jean-Hugues Ratenon et la droite mais surtout au sein de la majorité régionale. Vous le savez, le mot d’ordre de la présidente Bello aux législatives est clair comme l’eau de roche : « le soutien aux députés sortants ». Aucun problème dans la 1ère (Philippe Naillet), idem dans la 2ème (Karine Lebon).

En revanche, attention, « bèsement dans la case » dans la 5ème circonscription. Patrice Selly, patron du jeune mouvement « BANIAN » passera outre ce mot d’ordre « présidentiel régional » et présentera un candidat contre le député sortant Jean-Hugues Ratenon qui, rappelez-vous, à la grande surprise générale, alors qu’il avait terminé loin derrière le candidat de la droite unie Daniel Gonthier au 1er tour du scrutin de 2017 (17,38% contre 30,51% à l’ancien maire de Bras-Panon), avait réussi l’exploit d’inverser la tendance au second tour en battant le candidat de la droite : 52,88% contre 47,12%. On ne va pas vous refaire le film, ni remuer le couteau dans la plaie de la droite. Daniel Gonthier qui s’y voyait déjà qui pleure, Ratenon, le rescapé, qui rit. « Merci Jean-Claude Fruteau ». On se rappelle comme si c’était hier de ces images des deux hommes de gauche (le maire socialiste de Saint-Benoit et l’ancien communiste) se donnant chaleureusement l’accolade devant la mairie de Saint-Benoit.

En matière de députation, il faut dire que Jean-Claude Fruteau a toujours été un faiseur de roi. Jean-Paul Virapoullé en sait quelque chose. Quant à Paul Vergès et Claude Hoarau (au moins une fois pour ce dernier), ils en ont fait l’amère expérience. Depuis, la configuration a changé. Jean-Claude Futeau n’est plus à la mairie. C’est Patrice Selly qui l’a remplacé. Lequel Selly est un relativement jeune politique lettré (avocat de profession) mais surtout ambitieux au point qu’il a su s’installer aussi bien dans la majorité régionale d’Huguette Bello via son élu Patrice Boulevard (vice-président) que dans celle départementale de Cyrille Melchior via ses quatre nouveaux conseillers départementaux (le binôme Bruno Robert/Amandine Hoareau et le binôme Augustin Cazal/Sophie Arzal). Il semble maîtriser son électorat à Saint-Benoit (il en a encore fait l’expérience lors des régionales) et ses candidats ont gagné les départementales tant à Saint-Benoit qu’à Saint-Philippe en passant par Sainte-Rose et la Plaine-des-Palmistes. Selly ne parle pas la langue de bois. Il cause sans tabou. Témoin, sa dernière sortie suite aux « violences gratuites » à Bras-Fusil. Il a également l’oreille de la Macronie à Paris. Il présentera son 1er adjoint Ridwane Issa (chef de service à la Région) aux législatives dans la 5ème circonscription où le sortant n’est autre que Jean-Hugues Ratenon, le petit protégé d’Huguette Bello qu’il avait soutenue de toutes ses forces à la Région, et grand supporter de Jean-Luc Mélenchon. Un député « marmaille la kour, ancien Rmiste) qui a fait son chemin à l’Assemblée nationale et qui a su s’imposer même s’il est dans l’opposition gouvernementale et que ses interventions font avant tout le buzz.

Il est dit que dans cette circonscription, un deal pourrait être passé entre Patrice Selly, le maire de Saint-Benoit et président de la Cirest avec Jean-Marie Virapoullé. L’objectif étant de dégommer Ratenon à la députation et Joé Bédier, soutien de Ratenon, à la Cirest. Selon les accords passés entre les maires de l’Est en juillet 2020, la présidence devait se faire à moitié par Selly et par Bédier. Chacun 3 ans. Le mandat de Patrice Selly à la tête de la Cirest s’achève en 2023, date à laquelle, il devra passer le flambeau au maire de Saint-André. Mais il y a de un peu d’eau dans le gaz entre les deux élus. Selly pourrait vouloir garder la main, en comptant sur les voix de l’opposition Saint-Andréenne. D’où le deal en question. D’ailleurs, la suppléante de Ridwane Issa serait Catherine Mangar, une proche de Jean-Marie Virapoullé, ancienne élue de la majorité municipale du temps de Jean-Paul Virapoullé.

Quid du candidat de la droite Stéphane Fouassin aux législatives ? Il a déjà rencontré le maire de Bras-Panon Jeannick Atchapa et celui de la Plaine-des-Palmistes, Johnny Payet (qui soutiendra Marine Le Pen à la présidentielle et siège au sein du groupe de droite de l’opposition à la Région). Il n’a pas encore vu Jean-Marie Virapoullé. Le rendez-vous a été reporté à deux reprises déjà. Les deux médecins sont surbookés manifestement en cette période de Covid. Stéphane Fouassin souhaiterait avoir Herwine Boyer, l’ancienne maire (durant quelques mois) de Saint-Benoit, comme suppléante. Stéphane Fouassin (UDI.Objectif Réunion) a demandé l’investiture de « LR », mais Michel Fontaine ne le porte pas spécialement dans son cœur. Le maire de Saint-Pierre aurait préféré un jeune et nouveau visage, du genre Laurent Virapoullé. Daniel Gonthier, l’ancien maire de Bras-Panon, a déjà fait savoir via Facebook qu’il ne soutiendra pas Fouassin. Les souvenirs de 2017 remontent à la surface. Que fera Sabrina Ramin, la conseillère régionale de droite ? Michel Vergoz, le maire En Marche de Sainte-Rose, pourrait lui aussi se lancer dans la bataille. Ou alors un de ses lieutenants. Une circonscription qui s’annonce très animée !

 

 

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