Huguette Bello à l’Elysée : « Nous portons l’ambition de bâtir une nouvelle économie pour nos territoires »

Lors de la rencontre des élus ultramarins avec le président de la République, Emmanuel Macron, à l’Elysée, la présidente de la Région Réunion, Huguette Bello a indiqué lors de son intervention que « Nos territoires ultramarins ne sont pas épargnés » par la crise mondiale.

« Bien au contraire. Les impacts de cette crise mondiale sont d’autant plus durement ressentis qu’elle frappe  une population déjà précarisée par le sous-emploi et la cherté de la vie que nous ne découvrons pas, mais que les crises actuelles accentuent et soulignent… La combinaison des crises structurelles et conjoncturelles dans nos territoires appelle plus que jamais à des changements profonds », lance-t-elle.

Après avoir cité les atouts des territoires ultramarins,  Huguette Bello a interpellé  le président de la République en lançant que  » l’heure est venue d’ouvrir de nouveaux horizons pour inscrire nos territoires dans une nouvelle dynamique de développement fondée sur la valorisation de leurs atouts propres. » « Nous portons l’ambition de bâtir une « nouvelle économie » pour nos territoires, c’est-à-dire une économie adaptée aux enjeux du 21ème siècle.  »

Il va de soi que cette détermination  se réalise avec la levée des « obstacles qui entravent notre développement  » et « que soient donc réglées concrètement un certain nombre de questions « , a-t-elle précisé.

Parmi ces questions et obstacles, la présidente de la Région a énuméré :

– En premier lieu , celle des formations adaptées aux axes de développement et la structuration de véritables filières ( je pense notamment à l’ économie bleue ou au
secteur de l’énergie) , d’autant plus indispensable que les données démographiques de nos territoires et le chômage structurel ne permettent,
malheureusement pas, d’espérer d’atteindre l’objectif du plein emploi à court terme.

– En second lieu, la question des normes : nombre d’entre elles sont inadaptées et ne tiennent pas compte des caractéristiques physiques, climatiques et
géographiques de nos territoires : c’est particulièrement le cas pour le BTP et les normes de construction , pour l’agriculture en milieu tropical avec les normes
phytosanitaire ou encore pour le secteur complexe des déchets et de leur traitement sur des territoires contraints .

Dans trop de domaines, l’imposition mécanique du droit commun fait obstacle au développement et aux stratégies qu’on peut mettre en œuvre : je pense notamment
à la diversification de nos sources d’approvisionnement dans notre environnement régional concernant les intrants, et qui constitue, de surcroît, une réponse au coût du fret et à l’empreinte carbone ; ou dans un autre domaine, au bâti en milieu tropical et aux matériaux de construction ; ou encore à la réglementation dans le
secteur crucial de l’énergie ….

– Le troisième levier, ce sont les moyens juridiques pour réussir enfin notre insertion dans nos environnements géo-économiques respectifs et pour y déployer nos
stratégies de codéveloppement régional ; c’est notamment la capacité de conclure des accords commerciaux avec des pays voisins, et aussi d’être pleinement
associés aux accords conclus par l’Europe ou la France.

C’est un impératif évident dans le secteur de la pêche où nous ne devons plus assister passivement au pillage de nos ressources halieutiques. Il faut savoir qu’à
La Réunion, plus de 98% des prises dans notre bassin maritime sont le fait de flottes extérieures à notre île…

CP discours de La Présidente

 

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