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Vu comme c’est parti, celles et ceux qui ont cru en la promesse d’un « Nouveau monde » ne sont pas prêts de le voir. Un « Nouveau monde », un terme souvent entendu durant la campagne électorale. Les Macronistes l’avaient également beaucoup employé durant la campagne électorale de la présidentielle de 2017. « Un Nouveau monde est possible », mais ce « Nouveau monde » durant la première mandature d’Emmanuel Manuel ne s’est jamais concrétisé.

Tout récemment, durant la campagne électorale des législatives, les candidats de la Nupes, y compris à la Réunion, ont remis au goût du jour ces deux mots « Nouveau monde ». Le « Nouveau monde » pour exprimer un monde meilleur avec des conditions de vie plus facile, un pouvoir d’achat plus important, une dignité retrouvée pour de nombreux citoyens, ceux au chômage et mal logés notamment.

Un « Nouveau monde » qui avait pris la forme d’un programme électoral, celui plus précisément de la Nupes (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale). Programme dans lequel figurent, entre autres, le Smic à 1 500 €, la retraite à 60 ans, l’allocation autonomie de 1000 € pour les étudiants, la revalorisation des pensions de retraite à 1000 €, celle du minimum vieillesse de 1063 € etc… Un programme qui a fait « tilt » chez les Réunionnaises et les Réunionnais dont plus de 48% vivent en dessous du seuil de pauvreté. Des électrices et des électeurs – du moins ceux qui ont voté – c’est-à-dire très peu (un tout petit peu plus de 30% des 678 000 inscrits) – qui ont fait confiance aux candidats de Mélenchon (de Bello localement).

En sachant que Mélenchon et Bello, c’est kif-kif. Ils sont de la même boutique, à savoir de « l’anti-Macronie ». La majorité des Réunionnaises et des Réunionnais ont alors donné le blanc seing aux candidats en faisant de 6 d’entre eux (ils étaient 7 qualifiés pour le second tour) des députés de la République. Toutes mes félicitations aux gagnants !

Nos députés de la Nupes ont réintégré leur groupe respectif : PS, LFI, GDR

Six députés Nupes : Philippe Naillet dans la 1ère circonscription, Karine Lebon dans la 2 ème, Emeline K/Bidy dans la 4ème, Jean-Hugues Ratenon dans la 5ème, Frédéric Maillot dans la 6ème et Perceval Gaillard dans la 7ème. Six candidats « anti-Macrons » à l’instar de leurs mentors national et local, qui ont porté de toutes leurs forces le programme commun de L’Union populaire qu’ils ont d’ailleurs bien « vendu », il faut le reconnaître, auprès de l’électorat. Et, manifestement, ça a marché. Il n’y a qu’à regarder les résultats. Nathalie Bassire, la 7ème parlementaire élue, notamment dans la 3ème circonscription, ne fait pas partie de la Nupes, ni de La France Insoumise (pas encore) ; Elle n’a certes pas porté ce programme mais elle a d’emblée affiché publiquement brandi son « anti-Macronisme ». Ce qui fait qu’elle a un point commun avec les six autres députés.es élus.es des gauches regroupées au sein de la Nupes, le temps d’une élection. La Réunion a ainsi envoyé 7 députés « anti-Macron » à l’Assemblée nationale. Quelles seront leurs marges de manœuvre ? Et celles de la Nupes qui semble avoir été une coalition des forces progressistes pour un objectif purement électoral : essayer de gagner la majorité à l’Assemblée nationale afin d’imposer une cohabitation à Emmanuel Macron ; Lequel aurait été alors contraint de nommer Jean-Luc Mélenchon Premier ministre à la place d’Elisabeth Borne.

Mais si les Réunionnais ont voté en majorité pour les candidats de la Nupes, la situation n’est pas la même en métropole. Aussi, « Renaissance » le parti de Macron a obtenu 245 sièges, contre 131 à la Nupes, 89 au RN, 64 à LR et 48 aux autres petits partis. En clair, et vous l’aurez compris, Macron n’a pas obtenu de majorité absolue (qui est de 289 députés) et Mélenchon ne peut pas non plus prétendre au poste de Borne puisque La France Insoumise, son groupe politique, fait moins de sièges que celui de Marine Le Pen. Je dis bien son groupe car la Nupes qui était une entité indivisible durant la campagne électorale, s’est quelque eu éparpillée depuis la fin des élections législatives. Le « Nupésien » Philippe Naillet est retourné à sa famille politique qui est le Parti socialiste. Idem pour les communistes en métropole qui ont formé GDR (Gauche Démocrate Républicaine). Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard sont au groupe de La France Insoumise. Karine Lebon, Emeline K/Bidy et Frédéric Maillot très proches de l’ancienne députée GDR Huguette Bello se sont inscrits à ce groupe composé d’au moins 18 députés dont 12 du PCF (Parti communiste français) et 6 députés d’Outre-mer.

Les 5 députés locaux de LFI et de GDR, qui appartiennent à l’écurie Bello (alors que Naillet fait partie de la team Bareigts/Annette), ont effectué leur rentrée ensemble au Palais de Bourbon. Frédéric Maillot a mis son costume-cravate. Avec Perceval Gaillard et Emeline K/Bidy, les « ti nouveaux » ont marché devant, sous le regard attentif des « anciens » que sont Ratenon et Lebon, leurs guides.

La Réunion compte sur eux pour créer le fameux « Nouveau monde » avec le Smic à 1 500 € et tout ce qui s’ensuit. Sauf que, ça risque de ne pas être possible étant donné qu’aucun parti n’a décroché la majorité absolue. Les élus de la Nupes pourraient argumenter : « pas de majorité absolue, pas de poste de Premier ministre pour le patron Mélenchon, donc pas de Nouveau monde ! ». Et ce sera reparti comme en l’An 40. Nos conditions de vie, comme ce fut le cas sous Macron, vont continuer à se dégrader et le train de vie des députés, anciens et nouveaux, va continuer à s’améliorer : près de 6000 € d’indemnités mensuelles, sans compter tous les autres budgets annexes pour leurs missions diverses et variées, 80 voyages en Classe Business… On ne risque pas de les voir descendre un jour dans la rue pour se plaindre de leurs conditions de travail ou manifester pour leur pouvoir d’achat ou s’inquiéter pour leur retraite ! Mais c’est tant mieux pour eux. A chacun son karma !

Le message subliminal des él »Apprenez chers.ès députés.es à jouer collectif, à composer, à vous comporter comme de grandes filles et de grands garçons, à vous dépasser politiquement et à trouver des « compromis » sur ce qui est bon pour le peuple… »

Mais revenons au verdict des urnes, celui de dimanche dernier, 19 juin qui, manifestement, plaît aux citoyens dont plus de 70% se disent en effet satisfaits de cette situation qui règne à l’Assemblée nationale. Autrement dit, faute de majorité absolue pour « Renaissance » (En Marche), Emmanuel Macron ne pourra pas enclencher son « rouleau compresseur » avec les réformes qu’il avait envisagées comme celle de la retraite de 65 ans. Et Mélenchon ne sera pas 1er ministre comme il le voulait. Nous sommes en démocratie et il faut respecter le choix des électeurs, qui ont tranché en disant : Macron à l’Elysée par défaut, et le pouvoir législatif partagé à tous les partis à l’Assemblée nationale. Il faudrait peut-être y voir à travers ce vote un message subliminal de la population qu’on pourrait résumer ainsi : « maintenant que les élections sont terminées, apprenez à travailler ensemble car en France il n’y a pas que des Macronistes, ou des Mélenchonistes, ou des Lepénistes… Apprenez chers.ès députés.es à jouer collectif, à composer, à vous comporter comme de grandes filles et de grands garçons, à trouver des « compromis » sur ce qui est bon pour le peuple, par exemple sur l’augmentation du Smic, sur la revalorisation des pensions de retraite, sur le minimum vieillesse, sur plus de logements pour donner un toit décent au plus grand nombre, plus d’aides aux étudiants, plus de moyens aux soignants ». Tous ces sujets ne sont quand même pas clivants.

C’est ma lecture à moi de l’actuelle configuration de l’Assemblée nationale. Pourquoi faut-il absolument un grand chef ? Pourquoi vouloir à tout prix la majorité absolue pour écraser les autres ? Vox populi, vox déi. Le peuple en a décidé ainsi. Il a choisi de ne privilégier aucun parti politique mais de faire en sorte que les élus de tous bords puissent justement se donner la main, cogiter et agir ensemble dans l’intérêt de la République. Mettez vous d’accord sur l’essentiel, sur les priorités. Arrêtez de tergiverser ! Avec une majorité absolue, le parti majoritaire fait ce que bon lui semble comme par exemple : obliger tout un peuple à passer « à l’abattoir » de vaccination de masse pour la bonne santé financière des grands laboratoires pharmaceutiques, et lâcher les policiers sur les « anti vax ». C’est un exemple parmi tant d’autres. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne seraient évidemment que fortuites…

Ce ne sera plus possible dans l’actuelle configuration politique de l’Assemblée nationale. Et c’est tant mieux ! Il ne sera plus question pour nos élus d’imposer, mais de construire ensemble. C’est cela la volonté du peuple (cette minorité qui vote encore), qui en ras-le-bol de voir se chamailler sans cesse celles et ceux à qui ils ont donné mandat pour gouverner le pays. Chercher du compromis a du bon dans le sens où les uns et les autres seront appelés à communiquer entre eux, à se mettre autour d’une même table pour réfléchir ensemble, plutôt que de fomenter des coups bas en cherchant toujours à glisser des peaux de banane à son camarade.

Pourquoi vouloir absolument couper la tête à Elisabeth Borne comme ne cesse de le claironner Jean-Luc Mélenchon ? Au contraire, il faut lui laisser exposer sa feuille de route et, au moment du vote, en fonction des lois, des réformes proposées par le parti présidentiel, libre à chacun, au sein de l’hémicycle, de se prononcer pour, si ça va dans le sens de l’intérêt collectif, c’est-à-dire au profit des plus nécessiteux, de la France qui souffre ; Ou alors, contre, si ce n’est pas le cas. Je sais, ma lecture du verdict des urnes à l’issue de ces législatives de 2022, est un tantinet « biblique » mais vu la situation sociale, économique en France, sanitaire et diplomatique dans le monde, je me dis que ce fameux « Nouveau Monde » que tous les élus, tous les partis politiques ont appelé de leurs vœux durant les campagnes électorales successives, pourrait sans doute naître un jour du « dépassement politique ».

Il faudrait que chaque leader politique puisse mettre de côté son ego, cesser de raisonner en « parti », en « groupe » mais en « vision commune » pour la France (et pour l’Outre-mer et la Réunion). Si je me puis me permettre la comparaison, je dirai qu’il faudrait peut-être faire comme au Département où tous les groupes politiques votent quasi systématiquement comme un seul homme, c’est-à-dire très souvent à l’unanimité, tous les dossiers qui sont présentés parce que ça va dans l’intérêt de la Réunion. On verrait d’ailleurs mal un élu voter contre le social, contre la mise en place de meilleures conditions de vie pour les personnes porteuses de handicap, pour les personnes âgées, pour les bénéficiaires du RSA etc… Pourquoi ce qui est faisable dans une collectivité ne le serait-il pas à l’Assemblée nationale ? Je sais, je suis un doux rêveur.

Cela dit, à moins que le Président ne décide d’ici à quelques mois de dissoudre l’Assemblée, tout laisse à penser que nous ne sommes pas sortis de l’auberge et que les 5 années qui viennent ne seront pas faciles ; Que nos députés de droite, de gauche, du centre et des extrêmes vont encore se crêper le chignon ; Que le « Nouveau monde » ne sera pas pour bientôt, ni pour demain ou après-demain ; Qu’on sera bien contraint d’aller « crase nout banane » tout seul. Comme le font actuellement les planteurs de cannes qui, chaque année, sont obligés de faire le forcing auprès de l’Etat et des usiniers pour savoir à quelle sauce (ou jus) ils vont être mangés durant la campagne sucrière ou encore pour savoir si, un de ces jours, les usiniers daigneront rémunérer à sa juste valeur le fruit de leur dur labeur en achetant non seulement leurs cannes mais aussi tous les produits fabriqués à partir de ces cannes. Vaste débat !

L’Etat a promis de prendre les choses en main. Soit ! Ce qui est sûr, c’est que les négociations ne pourront avoir lieu avec la ministre des Outre-mers car il n’y en a déjà plus. En effet, Yaël Braun-Pivet, nommée il y a un mois à Rue Oudinot, vise la présidence de l’Assemblée nationale et elle est bien placée pour décrocher le Perchoir.

J’aurai aimé vous dire deux mots sur la Chambre de commerce, sur la probabilité ou pas de voir Ibrahim Patel s’installer dans le fauteuil de futur directeur de cabinet du président Pierrick Robert.

La fête de la musique dans les rues de Saint-Denis de la Réunion. Comme pour le départ du Grand Raid à Saint-Pierre !

Idem, j’aurai pu vous parler de la guerre qui s’est déclarée au sein de Sydne (le syndicat pour le traitement des déchets du Nord et de l’Est) où la Cinor veut virer l’actuel président Vergoz pour lui piquer sa place. A quoi bon ? Encore des guerres de pouvoir, de postes, d’indemnités ! C’est pas ça qui fera avancer le schmilblick. Zot lé toujours en train de bataille et zot i oublie, messieurs et dames les élus.es, que tout ça (le pouvoir, l’argent et tout ce qui va avec) zot i pourra pas emmener dans « l’autre monde »…

Un peu de douceur (et de musique) dans ce monde de brutes !

Je préfère terminer sur une note gaie : la fête de la musique. J’y étais à celle de Saint-Denis mardi soir. Trop belle ! Un beau moment de communion et de partage de notre Réunion métissée, « mélanzée ». Plus de 50 000 Réunionnaises et Réunionnais (je veux dire les habitants de l’île qu’ils soient blancs, noirs, jaunes, bruns… yab, malbar, cafres, chinois, z’arabes, zoreils, malgaches, mahorais…) jeunes et moins jeunes qui ont déferlé dans les rues du chef-lieu (notre capitale à nous) pour découvrir nos talentueux artistes aux quatre coins de la ville. Après deux ans de privation, on en avait besoin de ces moments festifs et de liberté. Bravo à la municipalité de Saint-Denis, bravo à toutes les petites mains invisibles (les employés communaux) qui ont contribué à cette grande fête, bravo aux élus, à Madame la maire, Ericka Bareigts qui, manifestement, carbure aux énergies renouvelables vu qu’elle est sur tous les fronts, tous les jours et par tous les temps. Bonne semaine !

Y.M.

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